Etes vous TLTR ? (Too Long To Read)

Le destinataire de cette lettre ne saura peut-être jamais qu’il s’est fait larguer… car il ne sera jamais arrivé au bout !

Mon amour,
Le jour où je t’ai rencontré, il pleuvait sur Brest, mais dans mon cœur le soleil brillait tel un soleil.  Tous nos souvenirs resteront gravés dans ma mémoire comme sur un disque en vinyle de l’ancien temps, surtout cette fameuse soirée chez Isidore où tout a basculé quand nous nous sommes bousculés sur le canapé. Malheureusement, aujourd’hui je me sens humiliée, trahie et même bafouée : c’est toujours moi qui descends les poubelles, qui fais les courses et change la litière du chat. Nous ne regardons plus du tout dans la même direction et j’ai même l’impression que tu regardes plus souvent la voisine (la pute) que moi. Je t’ai pourtant demandé à maintes reprises (42 fois pour être précise) d’arrêter de squatter la télécommande, mais tes promesses ne se sont jamais transformées en actions. C’est pourquoi, aujourd’hui, c’est avec la mort dans l’âme, mais la vie dans l’objectif, que j’ai décidé de te quitter.
En effet… .
 »

STOOOOOP ! C’est bien Too Long Too Read ! (Trop long à lire, en français dans le texte)

Avouons-le, même les plus vaillants d’entre nous ont un jour capitulé devant
- le texto de récriminations amoureuses qui récapitule TOUT ce qui ne va pas, depuis le début
- le message vocal de la copine qui nous raconte sa vie par le menu
- le mail de cinq pages envoyé par un collègue très en forme
- le commentaire FB rageux plus long que le post lui-même
- la lettre de rupture tellement développée qu’on n’arrive jamais au fait !!

Un jour, j’ai envoyé un mail à tous mes contacts pour leur parler de mon actualité. A la fin du texte, un lien permettait d’accéder à l’actu en question. Et bien, je me suis rendue compte que la majorité des destinataires  n’avaient jamais vu le lien…. parce qu’il était situé tout en bas de la page !

C’est ainsi que je me suis rendue compte que j’étais, moi aussi, bien Too long to read !!

J’ai alors mis au point la technique dite de l’écran d’iphone :
Pour être lu de A à Z, un message  important ne devrait pas dépasser la taille fatidique d’un… écran d’iphone !

A l’ère des 140 caractères, des punchlines,  des power points, des vidéos de 2 minutes maxi, et si ce qu’on nous avait enseigné à l’école était obsolète ?
On nous a appris à élaborer sa pensée : introduction, développement (thèse /antithèse/synthèse), avant d’arriver à la conclusion. Aujourd’hui, j’ai l’impression qu’il faut garder le processus  de la réflexion pour soi et n’en livrer que le fruit. Seule compte la conclusion… au risque qu’elle soit hâtive.

Cette obligation de rapidité a ses inconvénients : superficialité,  jugements à l’emporte-pièce, opinions données sans connaître le quart de la moitié du dossier…
Mais elle a aussi l’avantage de nous obliger à mieux réfléchir, pour n’exprimer clairement que l’essentiel… « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement » disait déjà Boileau.

L’art de la concision, tout est là !

Alors…
Un texto de rupture ?
Un mail ?
Une lettre de motivation ?
Un billet de blog ?
Un statut Facebook ?
Un dossier de présentation ?
Une demande de prêt ?
Un seul mot d’ordre : faisons court !
Alors TLTR, fiction ou réalité ? Qu’en pensez-vous ?

Et pardon pour la longueur de ce billet bien TLTR  !