C’est culturel !

Hier, j’ai lu une nouvelle signée Marguerite de Navarre*, une des premières femmes de lettres françaises, qui racontait comment un seigneur traitait sa femme adultère : elle devait être vêtue de noir, le crâne rasé, les os de son amant mort exposés le placard de la chambre où elle vivait enfermée depuis « sa faute ». Au XVIe siècle en France, un homme avait ce pouvoir sur sa femme, sans que la loi n’y trouve à redire.
Au XIXe siècle en France, la police pourchassait les femmes « en cheveux » c’est-à-dire sans chapeau, car elles étaient considérées comme des prostituées.
Aujourd’hui dans la communauté juive émerge un mouvement de plus en plus fort incitant les femmes à se vêtir en jupes et en manches longues, et à se couvrir les cheveux d’un béret ou d’un foulard. Quant au voile que portent de plus en plus de femmes musulmanes, « c’est culturel ».
Oui tout cela appartient à notre culture. Une culture de l’asservissement, une culture de l’entrave, du confinement, dont le message est : reste chez toi, contente-toi de ton rôle « d’épouse de », de « mère de », ne vis pas par toi-même, vis pour moi et ma descendance.
Une culture de domination de l’homme par la femme, vieille comme l’humanité.
Toutes les dominations sont « culturelles ».
Simplement un jour, il faut sortir de sa prison, même si elle est confortable et que nos mères l’ont habitée sans rien dire, « sans être malheureuses ». Car la prison on la connaît et la liberté c’est l’inconnu.
Mais la liberté, c’est la vie dans toute sa plénitude, dans toute sa difficulté, dans toute sa splendeur.

 

Marguerite de Navarre, appelée également Marguerite d’Angoulême ou Marguerite d’Alençon, est née le à Angoulême et morte le à Odos-en-Bigorre. Elle joue un rôle capital au cours de la première partie du XVIe siècle : elle exerce une influence profonde en diplomatie et manifeste un certain intérêt pour les idées nouvelles, encourageant les artistes tant à la Cour de France qu’à Nérac. Sœur du roi François Ier, elle est la mère de Jeanne d’Albret (reine de Navarre et mère du futur roi Henri IV). Elle est aussi connue pour être, après Christine de Pisan et Marie de France, l’une des premières femmes de lettres françaises, surnommée la dixième des muses, notamment pour son recueil de nouvelles connu aujourd’hui sous le titre L’Heptaméron. (Wikipédia) La nouvelle dont je parle est la XXXII.