Paris-Manhattan : Un tendre hommage à Woody Allen

Alice Ovitz (Alice Taglioni) est une de ces trentenaires urbaines bloquées dans l’adolescence. Elle a grandi dans une famille de juifs ashkénazes affectueux et angoissés, entre une sœur trop belle, un père trop aimant et une mère trop mondaine. Quand elles étaient ados, sa sœur lui a piqué le garçon qui la faisait craquer. Depuis, Alice regarde vivre les autres et se réfugie un monde parallèle  dans lequel elle dialogue en continu avec Wody Allen, à coup d’aphorismes désespérés et tordants.
Comme son père, Alice est pharmacienne et  adore son métier. Elle soigne ses clients dépressifs en leur prescrivant une cure Woody ou de Lubitsch. Évidemment, elle n’a pas d’homme dans sa vie, ce à quoi son père tente de remédier en distribuant à foison les cartes de visite de sa fille. C’est ainsi qu’elle rencontre Victor (Patrick Bruel), un réaliste pessimiste et terre à terre, qui n’a jamais vu un seul film de Woody Allen. Peu à peu, cet homme auquel elle prête à peine attention tant il est différent de ce dont elle rêve, va entrer dans sa vie…

J’ai aimé

Les dialogues géniaux d’Alice avec la voix de Woody Allen (des extraits de ses films, toujours finement choisis par Sophie Lellouche la réalisatrice, pour répondre aux interrogations existentielles de son héroïne), qui sont un véritable régal pour les oreilles et le cœur.

Le personnage de Victor, très bien joué par Bruel,  qui en sait bien plus long sur la vie que son côté mal dégrossi ne le laisse supposer.  J’aime aussi le contraste entre sa perspicacité et la naïveté d’Alice, qui se prend pourtant pour un modèle de subtilité… mais qui ne voit jamais rien !

Les dialogues qui font mouche.

Les personnages secondaires, comme le père, joué par Michel Aumont, un monument de tendresse, Marine Delterm dans le rôle de la sœur belle et raffinée, qui cache bien son jeu. La famille d’Alice Ovitz, angoissée et déjantée, n’a pas été sans me rappeler les Spellman de Lisa Lutz, dans sa propension à s’espionner les uns les autres.

La présence lumineuse d’Alice Taglioni qui parvient à donner de l’intensité au personnage (un peu plat) d’Alice Ovitz.

Woody Allen dans son propre rôle !

La magie de la présence de Woody Allen, car oui !  Sophie Lellouche, petit bout de bonne femme parisien, a réussi à convaincre le génial réalisateur new-yorkais de jouer dans son film !! Il fait une apparition délicieuse qui donne toute sa saveur au film ! Et rien que pour ça moi je lui tire mon chapeau. Oh oui !

 

 

J’ai moins aimé

Les personnages qui ne sont pas assez creusés, surtout Alice.

Les choses parfois sont dites et expliquées, mais on ne les voit pas et on ne les ressent pas nous-même.

Le fait que Victor, ressenti par Alice comme un ours mal léché, inculte et limite grossier, soit au final quelqu’un d’aussi raffiné et cultivé qu’elle. Ils sont exactement du même milieu et au fond, rien ne les oppose vraiment, sauf… le regard qu’Alice porte sur Victor! J’aurais aimé plus de contrastes !

L’intrigue reste superficielle, il aurait peut-être fallu développer une intrigue secondaire avec des enjeux plus consistants…

Au final,

Sophie Lellouche, la réalisatrice

Paris Manhattan est un premier film très joliment écrit, que   je vous  recommande pour passer très bon moment de cinéma. Personnellement, je suis entrée dans l’histoire, j’ai ri, j’ai souri,  et j’ai adoré  le moment de l’apparition de Mister Allen!

PS : j’adore la chanson « Bewitched » (= Ensorcelé) un standard américain qui a été chanté – entre autres – par Ella Fitzgérald et Franck Sinatra et qui est ici, « la petite musique »  qui sous-tend tout le film!

 

 

Commentaires

  1. Bel article Tonie, ça donne envie…
    Mais en voyant l’extrait, c’est Bruel que je trouve pas bien. Je crois qu’un nouvel acteur, neuf des spectateurs, aurait mieux servi le film.
    Sinon, j’adore Woody depuis longtemps et encore plus depuis son « Minuit à Paris » :) )

    Besos belle chroniqueuse romantique ♥