La mort s’invite à Pemberley de PD James, une suite événement d’Orgueil et Préjugés

C’est un événement pour tous les janéites (fans de l’œuvre de Jane Austen) : une suite d’Orgueil et préjugés signée P.D. James, la reine d’Angleterre du crime ! (Après mon billet de la semaine dernière sur la série culte de la BBC qui passe actuellement sur Arte, vous aurez le droit de penser que je suis absolument obsédée par Darcy !)
J’avais suivi la sortie du roman en Angleterre au mois de novembre, et quand les éditions Fayard, (éditeur de PD James en France) ont publié la traduction, je me suis précipitée.  Mon père grand amateur de romans policiers, m’a maintes fois parlé P.D. James, me vantant la qualité de son style, la profondeur psychologique et la subtilité de ses intrigues policières…  L’idée d’une suite aux aventure d’Elizabeth Bennett et Mister Darcy, racontée par une des plus brillantes plumes britanniques me faisait littéralement saliver.

A 90 ans passés, Phyllis Dorothy James, grande admiratrice de Jane Austen, s’est donc offert le plaisir d’écrire une suite au légendaire roman paru en 1813.
« Je dois m’excuser auprès de Jane Austen pour avoir impliqué sa bien-aimée Elizabeth dans une enquête pour meurtre, mais la fusion de mes deux passions (pour les romans de Jane Austen et pour l’écriture d’histoires de détective) m’a donné beaucoup de plaisir ce qui je l’espère sera partagé par mes lecteurs ».

Et du plaisir,  j’en ai eu ! Oooh oui !

Quel régal de se retrouver projetée dans la campagne anglaise du début du XIXe siècle, en compagnie de Darcy, Elisabeth, Jane, Bingley, Lydie, Mr Bennett et tous les autres
L’histoire commence six ans après la fin d’ « Orgueil et Préjugés », qui s’était conclu sur le mariage d’Elizabeth Bennet avec Fitzwilliam Darcy le beau et ténébreux seigneur de Pemberley. L’auteur nous offre un long prélude au cours duquel nous retrouvons nos chers héros. Nous découvrons avec tendresse Elizabeth dans son rôle de Mrs Darcy, maîtresse de Pemberley, ses enfants dans la nursery, la vie calme et raffinée qu’elle mène avec son mari dans  le domaine ancestral de la famille Darcy, entre les dîners, les bals et la gestion du domaine. Avec des accents parfaitement austeniens, PD James entre dans le détail, parle du boudoir d’Elizabeth et de la grande bibliothèque familiale, du feu allumé dans les cheminées même en été, des chandelles à la cire d’abeille, de l’eau courante qui vient d’être installée, de la guerre avec la France, des commérages suscités par un si grand bonheur… avec cette ironie légère  et cet understatement  propres au style de son modèle : « Les dames de Meyriton, comme de juste, ne demandaient qu’à plaindre les affligés et à féliciter ceux à qui le destin souriait, mais il faut de la modération en tout et la chance de Miss Elizabeth dépassait les bornes »

Nous sommes en 1805, à la veille du grand bal de Lady Anne, que donnent les Darcy chaque automne.  Rien ne semble devoir troubler l’existence ordonnée et paisible de la propriété. La petite compagnie réunie à Pemberley House s’apprête à aller se coucher quand soudain, le drame éclate : un meurtre aurait été commis en pleine nuit dans les bois de Pemberley. Lydie, la jeune sœur frivole et écervelée d’Elizabeth, arrive en hurlant dans un cabriolet qui se dirige vers le château « avec force embardées » : son mari, le charmant et fourbe  George Wickham, celui par qui le sandale avait failli arriver serait impliqué. Avec lui, la mort s’invite à Pemberley

Commence alors l’affaire elle-même, plus l’histoire d’un procès qu’une enquête à proprement parler, ce qui peut légèrement décevoir les amateurs de suspens, mais c’est un choix qui peut se comprendre. En effet, on voyait mal Elisabeth ou Darcy se transformer en détectives et la création d’un nouveau héros-enquêteur n’était évidemment pas le but recherché. PD James nous prouve sa parfaite connaissance du système judiciaire britannique. On suit donc les étapes de l’affaire jusqu’au jour du procès et son coup de théâtre final… assez bien vu !
Je ne sais pas si Jane Austen aurait parfaitement approuvé le destin que PD James réserve à certains de ses héros (je ne vous dis pas lesquels), mais pourquoi pas !

Personnellement, j’ai plus apprécié l’ambiance du roman, le fait de retrouver tous ces personnages si familiers (malheureusement, PD James n’a pas jugé bon de faire intervenir Mrs Benett qui me fait terrible rire), le bonheur de savoir comment ils vivent etc. que l’affaire elle-même… Vous me direz ce que vous en aurez pensé.

Roman policier, certes, mais surtout très beau roman d’amour, La mort s’invite à Pemberley est un sequel de Pride & Prejudice que tout fan de Jane Austen devrait s’empresser de lire,  ne serait-ce que pour sa qualité littéraire. Ne passez pas  à côté de cet événement signé PD James !

La mort s’invite à Pemberley, P.P.James
(très bien) traduit de l’anglais par Odile Demange,
Fayard  2012

Est-ce que Mister Darcy mouille toujours sa chemise pour Elizabeth ?

Commentaires

  1. Jules dit :

    Est-ce que c’est légal de fantasmer sur Mr.Darcy devant son écran au bureau?! :)
    J’ai beaucoup aimé le livre!

  2. Tonie Behar dit :

    @Jules : oui, c’est légal… et même recommandé !

  3. charlene dit :

    je note le bouquin. Moi perso je préfère le Mr Darcy joué par Matthew Mcfadyen (un regard! waouh!) Chacun ses fantasmes !.)