When Harry met Sally… le film qui a relancé les comédie romantiques

Quand « When Harry met Sally » est sorti en 1989, cela faisait près de deux décennies qu’Hollywood avait quasiment abandonné les comédies romantiques, un genre dont il avait pourtant fait ses choux gras depuis ses origines. (A part Woody Allen qui, dans les années 70, a réalisé Annie Hall et Manhattan). Les sixties était passé par là, ainsi que la libération sexuelle et le féminisme. Les comédies d’antan,  avec ces filles souriantes qui ne rêvaient que de se marier… ça sentait un peu la naphtaline.

Un an auparavant, en 1988, était sorti Working girls, première comédie romantique des années 80, qui abordait le thème très  « girl power » des femmes au boulot. Ç’avait été un carton ! Mais c’est Harry met Sally, énorme succès commercial lors de sa sortie au cinéma, qui a vraiment relancé  le genre des comédies romantiques, marquant le début d’un nouvel âge d’or pour le genre.  Le film a lancé  Meg Ryan… dont la carrière de reine des comédies romantiques n’a ensuite été qu’une longue (et belle) déclinaison de ce premier film fondateur.

L’idée de ce film etait venue à Rob Reiner, le réalisateur, juste après son propre divorce…  Sa situation de nouveau célibataire, enquillant les histoires désastreuses et terrifié par l’idée d’aimer de nouveau, lui avait donner l’ envie d’écrire l’histoire d’un homme et d’une femme qui refusent de coucher ensemble pour ne pas gâcher leur amitié.  Accompagné de sa complice, la scénariste Nora Ephron, ils imaginèrent l’histoire de ce couple qui se tourne autour pendant des années sans réaliser qu’ils sont faits l’un pour l’autre.

Pour créer le personnage d’Harry, Nora Ephron s’est basée  sur la personnalité du réalisateur : un homme névrosé, hypocondriaque et affolé par une nouvelle histoire d’amour. Billy Crystal, qui interprète le rôle d’Harry était  aussi un grand ami de Rob Reiner dans la vie. Le réalisateur trouva chez lui un parfait alter ego pour transcrire avec humour à l’écran sa névrose affective.  Nora Ephron s’est d’ailleurs servi de dialogues réels entre Crystal et Reiner !
Il y a du Woody Allen, je trouve, chez ce Harry Burns fragile, cérébral et charmant. Il paraît que Billy Crystal a  participé à l’écriture des dialogues, s’inspirant de ses propres expériences sentimentales pour rendre le personnage d’Harry plus drôle.
Pour Sally Albright, positive, candide, perfectionniste, incorrigiblement optimiste, et mettant une demi-heure pour commander une simple salade, Nora Ephron, s’est simplement inspirée d’elle-même et de ses amies !
Ajouter quelques standards du Jazz, dont la chanson phare du film « It had to be you », interprétés par un tout jeune Harry Connick Junior de 20 ans, de belles images de New york, des meilleurs amis irrésistibles, secouer… cela donna When Harry Met Sally !

L’histoire ?
Harry et Sally se rencontrent pour la première fois en 1977, alors qu’ils viennent de terminer leurs études à l’université de Chicago. Ils font ensemble le trajet en voiture jusqu’à New York, mais se disputent très vite quand  Harry affirme qu’« entre hommes et femmes, il ne peut pas y avoir d’amitié parce que le sexe fait toujours barrage », ce que Sally refuse de l’admettre.
Cinq ans plus tard,  ils se rencontrent fortuitement dans un avion. Sally est fiancée à Joe, travaille dans le journalisme et Harry, qui est consultant en politique, va se marier avec Helen. Leur discussion est aussi conflictuelle qu’à leur première rencontre.
Cinq années passent encore avant une nouvelle rencontre, dans une librairie. Harry vient de divorcer et Sally a rompu avec son petit ami. A partir de là, contre  toute logique ils ne se quitteront plus, se découvrant des affinités et une complicité inouïs, tout en tenant fermement à rester simplement amis… la suite on la devine, on la connaît, mais c’est tellement bien amené qu’on a évidemment le super sourire super niais à la fin !

Pour info :
- Ce film qui a relancé les comédie romantiques a été classé sixième  meilleure comédie romantique de tous les temps l’American Film Institute en 2008 et à  la 7e place des meilleurs films romantiques ainsi qu’à la 12e place des films les plus drôles des 25 dernières années par le magazine Entertainment Weekly en 2009
- Nora Ephron a reçu un BAFTA Award et a été nommée aux Oscars pour son scénario et le  film est classé 23e dans la liste des films les plus drôles du cinéma américain de l’American Film Institute.

Cadeau !
Sally : Je sais que c’est le réveillon, et je sais aussi que tu te sens seul mais de là à ce que tu débarques, que tu me dises que tu m’aimes, emballé c’est pesé, y a des kilomètres. Ça ne fonctionne pas comme ça.
Harry : Bon, alors comment ?
Sally : Je ne sais pas, mais en tout cas pas comme ça.
Harry : Peut-être comme ça : J’adore que tu aies le nez qui coule quand il fait 22°C. J’adore que tu mettes une heure et demie pour commander un sandwich. J’adore la petite ride que tu as là quand tu me regardes comme si j’étais un dingue. J’adore qu’après avoir passé la journée avec toi, j’ai les vêtements tout parfumés par ton odeur. Et j’adore que tu sois la dernière personne avec qui j’ai envie de parler avant de me mettre au lit. Et ce n’est pas parce que je suis seul et que c’est la Saint-Sylvestre. Si je suis là, moi ce soir, c’est parce que quand on se rend compte qu’on veut passer le reste de ses jours avec une femme, faut pas traîner les pieds, il faut se lancer aussi tôt que possible.
Sally : Tu vois, ça c’est toi tout craché, Harry. Tu jettes ce genre de choses et après c’est impossible pour moi de te détester. Et Dieu sait pourtant si je te déteste. Vraiment, je te déteste. Je te déteste. [Ils s'embrassent]
Meg Ryan et Billy Crystal, Quand Harry rencontre Sally (1989), écrit par Nora Ephron

 

 

Commentaires

  1. Ah cette scène du restaurant…Elle a du faire peur aux garçons pendant longtemps, et donner au contraire du courage aux femmes pour se libérer un peu plus.

    Même si on dit qu’une femme qui parle de sexe à un ami, c’est un peu comme lui montrer le menu, roôôoo… :) ))

  2. Tonie Behar dit :

    @ Jack : il paraît que lors de la première projection, les femmes étaient mortes de rire et les hommes gardaient un silence gêné !

  3. Marlène dit :

    Un de mes films préférés.

  4. Laurent dit :

    Rhhhhaaaa c’est mon film… mais combien de fois l’ai-je visionné ? Pour me rajeunir c’était en VHS.. un support que mes enfants ne connaissent pas #jesuisvieux
    Ce n’est pas tant la scène (mythique) que je retiendrais, j’avais plutôt en tête les pause dans le film avec les interviews des couples qui racontent leur rencontre, c’est comme pour moi la marque de fabrique du film, pour moi ces séquences étaient comme l’ADN du film et par construction, les heures et minutes du film venaient s’opposer à cette mini séquence de quelques secondes qui suffisaient à chaque couple à décrire LA rencontre. Et comme par jeu, le couple fétiche passe en dernier et réussi pourtant le même exercice là où le réalisateur a du couvrir des années entières pendant lesquelles le couple ne s’est jamais trouvé … jubilatoire. Et puis quand on est adolescent on tombe facilement amoureux de Meg non ? D’autant qu’elle a tourné par la suite de nombreuses autres comédie… la dernière, je l’ai vue dans un film avec Matthew Broderick en 1997 dans Addicted to love… si en plus elle devait jouer avec mon héros de Wargames :-) )))

  5. Pierre dit :

    Et bien voilà un billet qu’il est bien référencé sur ce film parfaitement craquant !
    De la part d’une adulatrice de comédie romantique – si j’ai bien compris – je n’en attendais pas moins. A signaler aussi une scène qui, pour ma part, me fait mourir de rire à chaque fois : l’invitation chez le couple ami qui se met en ménage et la discussion houleuse concernant les goûts mobiliers et décoratifs douteux de l’élément mâle qui finit à bout de nerf par embarquer sa table de salon roue de chariot. John Wayne étant mort dix ans avant, ce n’est pas cela qui l’a tué…

  6. Tonie Behar dit :

    @Laurent : c’est vrai, je n’ai pas parlé des petites interview de couples en insert… et Cherry on the cake, l’interview de harry et Sally quelques années plus tard ! j’adore !
    @Pierre : merci pour votre passage sur mon blog ! oui la scène de la roue de chariot transformée en table basse… à hurler ! Ce film est tellement plein de petits détails de la vie de tous les jours qui nous parlent… c’est ce qui le rend si bon !