Merci pour les souvenirs de Cecelia Ahern

« Merci pour les souvenirs » (Thanks for the memories) vient de paraître chez Flammarion le 3 novembre.
C’est le 6e roman de Cecelia Ahern, petit prodige irlandais de l’écriture, devenue auteure-star à 21 ans, âge ou d’autres (dont moi) font la fête en boîte de nuit sans se soucier du lendemain.

 Son premier roman « PS : I love you »  a été l’un des best-sellers de l’année 2004, classé numéro un des ventes en Irlande,  présent dans la liste des meilleures ventes du Sunday Time, il a figuré dans les meilleures ventes en Allemagne pendant plus de 52 semaines. Il été traduit dans plus de quarante pays, en Europe aux Etats-Unis. En 2007, il fait l’objet d’une adaptation cinématographique avec Hillary Swank et Gerard Butler dans les rôles principaux.

 Cecelia Ahern est un peu une Marc Levy-Guillaume Musso blonde, qui cartonne dans le monde entier avec des romances fantastiques, débordantes de bons sentiments.  Si ses deux premiers romans restaient encore ancrés dans notre monde réel, elle flirte avec le fantastique et le surnaturel depuis « if you could see me now » (non paru en France). L’année dernière « Un don du ciel » (the gift), sorti en France en novembre, était clairement positionné comme un « conte de Noël…

 « Merci pour les souvenirs » utilise à peu près la même recette : un héros/une héroïne d’aujourd’hui, pur produit de notre monde contemporain, se retrouve confronté à des phénomènes étranges qui l’amèneront à mieux comprendre et apprécier la vie.

 Un jour comme tous les autres, Joyce Conway est en retard, elle court dans les escaliers, le téléphone sonne, mais elle est bien trop pressée pour répondre. Un faux mouvement, un peu trop de précipitation, une chute. Elle sera sauvée par son père qui la trouve inanimée en bas des escaliers et l’emmène à l’hôpital où elle ne devra sa survie qu’à une transfusion sanguine…  

 Quelques temps plus tard, elle se retrouve assaillie par des souvenirs qui ne sont pas les siens, se découvre une passion pour l’architecture et la viande rouge (elle qui est végétarienne !), réalise avec stupeur qu’elle sait désormais parler couramment italien, voire le latin et a de subites envies de se couper les cheveux.

 Parallèlement, nous suivons la vie de Justin, venu à Dublin pour  donner une conférence sur l’architecture baroque et s’est laissé convaincre de faire un don de sang… Justin est américain de Chicago. Il a quitté sa ville pour rester proche de sa fille qui vit désormais à Londres. Fraîchement divorcé, Justin n’a plus goût à grand-chose, mais depuis quelques temps, il n’arrête pas de croiser une jeune femme aux cheveux courts par laquelle il se sent irrésistiblement attiré…

 Au-delà de l’intrigue sentimentale très bien construite (Joyce et Justin se rencontreront-ils ? se parleront-ils ? s’aimeront-ils ? et comment ? On tourne les pages à toute vitesse pour connaître les réponses…) Cecelia Ahern excelle à dresser par petites touches détaillées, des personnages attachants et bien incarnés.  Justin en bel intello meurtri parvient à nous faire envie, quant à Joyce, elle est parfaite en girl next door qui ne se laisse pas abattre par le chagrin…

 Le plus réussi est sans doute la relation qui unit Joyce à son père, adorable vieillard irlandais, ancien ouvrier habile de ses mains, qui perd peu à peu ses forces et sa mémoire, mais qui est prêt à toutes les folies du moment qu’elles apportent un sourire sur le visage de sa fille.

 Evidemment tout cela est dégoulinant comme de la guimauve. La recette Ahern est trop sucrée et pas assez acidulée à mon goût. On est plus dans la romance, moins dans la comédie. Cependant, l’humanité et la justesse des caractères, la vérités des situations sont tellement biens (d)écrites que l’on se laisse emporter malgré tout.

 Le livre refermé, il en reste un assez joli souvenir…

La bio de Cecelia Ahern ICI