Mademoiselle Bonsoir de Boris Vian

Boris Vian est né en 1920. A douze ans, on lui diagnostique un souffle au cœur. Il est mort en 1959, à 39 ans, ce qui est très triste.
Il était beau, jeune et terriblement talentueux. Un génie multiple qui savait écrire, composer, jouer de la trompette… Touche-à-tout, il avait tâté du roman policier  (J’irai cracher sur vos tombes), de la SF (L’automne à Pékin) de la romance fantastique (L’écume des jours), de la chanson (Le déserteur, Fais-moi mal, J’suis snob…).
« Pour être connu, fais autre chose que ce que les gens connaissent de toi » disait-il. Alors il sautait du coq à l’âne, du jazz à la littérature…

Était-ce parce qu’il savait qu’il partirait tôt ? Vian était un boulimique de travail. Auteur de onze romans, de quatre recueils de poésies, de pièces de théâtre, de nouvelles, d’articles consacrés à la musique, de chansons, de scénarios… il avait toujours  un ou deux projets sur le feu, n’arrêtant jamais, désespérant en secret d’obtenir la reconnaissance tant attendue…  Il a couru après le succès sans jamais le connaître de son vivant.  Ce n’est que dans les années 70, qu’il devient – enfin – une icône…
J’arrête. Tout cela me fend le cœur.

En octobre 2009, pour commémorer les 50 ans de sa mort, le Livre de Poche a publié  deux textes inédits, léguées par sa femme  Ursula Vian Kübler  (il aura fallu près de dix ans de travail et de recherches pour retrouver et classer les feuilles volantes et éparpillées de ces pièces, afin de coller au plus près des désirs premiers de l’auteur)

Je les ai lus cet été. Il s’agit de deux comédies musicales (et romantiques !) écrites en 1952 et 1953 : « Mademoiselle Bonsoir »  et « La reine des garces ». Je ne résiste pas au plaisir de vous en parler car elles se lisent vite et on y retrouve tout l’humour, les jeux de mots, la poésie, la fantaisie de Vian… qui rêvait de les monter à Broadway !!! (Il y a même une version en anglais intitulée Goodnight Girls Inc. en annexe !)

Mademoiselle Bonsoir
A la rédaction du magazine sentimental « Coeur Maître », les journalistes croulent sous les sacs de courriers des lecteurs en mal d’amour. Mais la routine et l’ennui guettent. Jusqu’au jour où un jeune homme trop timide pour écrire sort d’un sac de La Poste, et demande aux rédacteurs spécialistes du cœur de lui trouver une jeune fille qui viendrait lui souhaiter bonne nuit, l’endormir, le border, déposer un baiser sur sa joue tous les soirs avant de repartir. Robert, responsable de la rubrique, trouve l’idée géniale. Il quitte le magazine pour lancer le concept  « Mademoiselle Bonsoir »  en association avec André, le timide jeune homme. Rapidement, la demoiselle idéale est dénichée c’est Clémentine.  Mademoiselle Bonsoir devient une véritable star qui a tellement de rendez-vous qu’elle ne trouve jamais le temps d’aller souhaiter bonne nuit au jeune homme timide. Son client le plus fidèle est un tueur en série insomniaque. Bientôt, il faut plus d’une Demoiselle Bonsoir pour répondre à la demande  et les ennuis commencent…

Cet été, une petite grenouille du soir a lu Mademoiselle Bonsoir !

La Reine des Garces
Le jour de son mariage, Camille Mauser, fille d’Overland Mauser, diététicien très en vogue, voit son jeune mari succomber aux charmes de la grande star Carole Martin (martine Carole pour ceux à qui cela aura échappé !)! Elle décide alors de devenir « la reine des garces » pour se venger et retrouver sa dignité. Mais dans son élan, la jeune femme n’épargnera personne. Pas même son père. Et surtout, elle se ferme à ce qu’elle souhaite le plus : l’amour…
Au-delà de l’humour, de la fraîcheur, de la jeunesse de ces deux œuvres, Boris Vian nous livre aussi un second degré de lecture : une critique de la société de consommation qui s’annonce, une dénonciation de la fascination pour « les peoples », une prémonition sur ce que sera la future « téléréalité » !

Deux pépites d’une incroyable modernité !

Commentaires

  1. Ca m’a l’air !

    C’est pas mal ici…
    C’est que le nom de votre blog m’inspire le souvenir de plein de films que j’ai vu.
    Connaissez-vous « L’Amour de ma Vie » de Scott Winant, avec J. Tripplhorn et D. Mac Dermott, 1997 ?

    Besos Tonie ^^
    Jack

  2. Tonie Behar dit :

    Bonsoir jack! merci pour votre commentaire! c’est vrai qu’on a tous, un jour ou l’autre aimé une comédie romantique!
    je ne connais pas « L’amour » de ma vie… c’est bien?
    a bientôt j’espère, sur mon blog ou le votre…

  3. Oui, c’est bien ! Extrait >
    http://www.youtube.com/watch?v=U8AzwJygwaw

    Oui, à bientôt ! ^^