Fielding Helen

Si on se réfère à la date de parution de son roman culte, Helen Fielding est bel et bien l’initiatrice de la chick lit puisque « Bridget Jone’s Diary » est paru en 1996, juste avant  « Sex and the City » qui a vu le jour en 1997. Un best-seller mondial (5 millions d’exemplaires vendus) qui a dépoussiéré le roman sentimental.
Trentenaire, célibataire, bordélique, gaffeuse, généreuse, portée sur le chardonnay et au régime tous les quarts d’heure, Bridget Jones a surgi en 1995 sous la plume de la Britannique Helen Fielding dans des chroniques à l’Indépendant. Nick Hornby la tient pour «une création comique de génie».

Blonde et anglaise comme son héroïne, Helen Fielding est née en 1958 à dans le nord de l’Angleterre à Morley dans le cœur  du Yorshire. Elle est la seconde de quatre enfants. Son père était manager et sa mère femme au foyer. Après des études de lettres à Oxford (avec le rêve de devenir écrivain), Helen Fielding travaille dix années pour la BBC, où elle puise son inspiration pour son premier roman « Cause Celeb’  » en 1994. Elle a été pendant pas mal de temps la petite amie du génial scénariste Richard Curtis, qui a écrit entre autres Quatre mariages et un enterrement, Coup de foudre à Notting Hill et la série télé Blackadder, la vipère noire (on peut donc imaginer qu’elle a été à bonne école)

En 1995, Helen Fielding quitte la BBC, et écrit pour le Sunday Times, le Saturday Telegraph et l’Independent qui la sollicite pour écrire des chroniques hebdomadaires sur « l’air du temps ».  Charles Leadbeater, son rédacteur en chef, lui suggère alors de tenir sa chronique sous forme de journal intime. « Je voudrais que vous racontiez ce que les femmes murmurent lorsque je passe devant leurs bureaux le matin. »

Helen Fielding, qui travaille alors sur un projet de roman, vient de créer le personnage de Bridget Jones (célibataire, accro au chardonay et aux livres d’épanouissement personnel etc.). Elle décide de s’en servir pour sa chronique, préférant éviter de se mettre directement en scène. A sa grande surprise – elle pensait que sa chronique mourrait au bout de six mois – c’est un succès. Helen Fielding commence à recevoir un nombre incalculable de lettres. UK Editions lui demande d’en faire un roman.  Pour donner une trame dramatique aux aventures de son héroïne, Helen Fielding a l’idée de s’inspirer d’Orgueil et Préjugés dont la série produite par la BBB est diffusée au même moment. « C’est une expérience très étrange car quand j’écrivais Bridget Jones, à la télévision passait Orgueil et Préjugés où Colin Firth jouait Mr Darcy, donc j’étais totalement influencée. J’écrivais mon livre en pensant à Colin Firth et Darcy » raconte Helen Fielding*. L’amoureux de Bridget Jones s’appellera donc Mark Darcy, quant à son séduisant patron Daniel Cleaver, il empruntera beaucoup au sulfureux Wickham… (pour les afficionados, les ressemblances ne s’arrêtent pas là).
Le livre est publié en 1996 en Angleterre. Il sort en poche un an plus tard, et là, les ventes montent en flèche, le succès devient international puisque même les Etats-Unis l’adoptent ! Mais c’est l’Europe qui reste sa première fan avec plus de quatre millions d’exemplaires vendus, dont un million en France, entre grand format et livre de poche (J’ai lu).
La suite des aventures de Bridget paraîtra sous le titre « the Edge of reason » (L’âge de raison). Son quatrième roman, Olivia Joules ou l’Imagination hyperactive est publié en 2004, il s’agit d’une parodie des romans d’espionnage, je je trouve nettement moins réussi.
En 2001 l’adaptation cinématographique du premier opus est un succès international, avec Renée Zellweger, Hugh Grant et Colin Firth dans les rôles principaux. Mark Darcy étant interprété  par… Colin Firth. La suite, Bridget Jones : L’Âge de raison, a suivi en 2004 .
Aux dernières nouvelles, Working Title aurait confirmé auprès du quotidien professionnel Variety qu’un nouvel épisode des aventures «Bridget Jones» était en développement. Ce troisième volet, qui en est encore au stade embryonnaire, ne sera pas tourné avant la fin 2010. L’écrivain n’ayant pas écrit le troisième tome des aventures de Bridget (je la soupçonne de se la couler douce sous le soleil de Californie avec son amoureux et ses enfants), c’est sur ses chroniques que cette suite sera basée. Après l’Âge de Raison, celui du poupon. Ce nouvel opus de la saga culte mettra en scène Bridget qui, à presque quarante ans, est titillée par son désir de maternité (source Pure People)

La popularité d’Helen Fielding lui a même valu une apparition dans les Simpsons.  Elle vit désormais à Los Angleles avec son compagnon Kevin Curran, scénariste de la série télé… Les Simpson . En février 2004, à quarante-quatre ans, elle a donné naissance à leur fils, Dashiell Michael, leur second enfant, une fille, est née le 16 juillet 2006.

Bibliographie
2004 : Olivia Joules ou l’Imagination hyperactive (Olivia Joules and The Overactive Imagination)
2001 : Bridget Jones’ Guide to Life  non traduit en France ! Mais pourquoi donc, quel est ce mystère ?
1999 : Bridget Jones : L’Âge de raison (Bridget Jones: The Edge Of Reason)
1996 : Le Journal de Bridget Jones (Bridget Jones’s Diary)
1994 : Cause Celeb

* Au cours d’une interview réalisé le 3 novembre 2004 par Laetitia Heurteau pour le site Objectif Cinéma