McInerney Jay

Jay McInerney (nom complet John Barrett McInerney, Jr) est né en 1955 à Hartford dans le Connecticut. Il est irlandais,  catholique et issu de la classe moyenne, comme Francis Scott Fitzgerald, à qui on le compare parfois.
Malgré le cynisme et le désenchantement qui marquent ses romans, j’ai eu envie de classer Jay McInerney dans les auteurs de comédie romantique. D’abord parce qu’il a été le premier à parler du New York  glamour et moderne que l’on retrouve aujourd’hui  à longueur de chick lit, avec marques de fringues, boîtes de nuit, alcool et la coke, métiers de rêve qui sont des miroirs aux alouettes… Ensuite parce son œuvre est traversée par la destinée d’un couple merveilleux, jeunes puis moins jeunes, talentueux mais fragiles : Russel et Corrine Calloway. Ces deux là  vivent une union idéale que leurs amis leur envient . Bien sûr ils connaitront des désillusions, traverseront des crises, se tromperont, passeront près, tout près de la rupture, mais aux dernières nouvelles (à la fin de « La belle vie ») ils sont toujours ensemble.  Jay McInerney a un côté « dernier des romantiques ». Il décrit la vacuité urbaine, mais sans la violence ni le cynisme désespéré d’un Brett Easton Ellis.

Au début des années 80, Jay McInerney suit les cours d’écriture de Raymond Carver à l’université de Syracuse (Etat de New York).  Il travaille ensuite comme vérificateur au magazine The New Yorker. En 1984,  il publie  son premier roman, « Bright Lights, Big City » (Journal d’un oiseau de nuit) qui l’a rendu célèbre dans le monde entier alors qu’il avait à peine 29 ans. Dans ce récit culte, symptomatique des années 1980 aux États-Unis, il offre une vision désenchantée de la jeunesse dorée new-yorkaise dans laquelle les états d’âme caustiques et les lignes de coke se croisent dans la pénombre des night-clubs de Manhattan. Journal d’un oiseau de nuit se vend à plus de 1 million d’exemplaires en un an et est traduit dans le monde entier. Le succès du roman incite d’autres éditeurs à publier des œuvres similaires (Moins que zéro de Bret Easton Ellis, par exemple). Ellis et McInerney deviennent alors les fers de lance d’un nouveau groupe littéraire, le Brat Pack. Ces «young and beautiful writers» qui, à l’aube des années 80, avec New York pour terrain de jeu, affolèrent la littérature américaine en quelques romans insolents et désinvoltes. La petite bande dura ce que durent les bandes, l’espace d’une couverture de Vanity Fair, le temps d’une fête.
Avec « Trente Ans et des poussières », en 1991, chronique d’un couple de Beautifful people à la dérive,  Jay McInerney lui,  confirmera son exceptionnel talent de satiriste et accèdera au rang d’écrivain culte.
Jay McInerney gagne beaucoup d’argent, et très vite. La suite, hélas, ressemble à une banale descente d’acide. Vient le temps des  soirées branchées où le facétieux jeune homme carburait à la coke jusqu’au petit matin après s’être déguisé en tortue Ninja pour passer à la télévision et frimait au bras de mannequins. « Pendant vingt-cinq ans, Jay fut mon jumeau toxique. Tout ce que vous avez pu lire dans la presse people à propos de nos excès est au-dessous de la réalité » confirme Brett Easton Ellis.  McInerney retrace ainsi l’enchaînement des circonstances: «Trois mariages malheureux, une paternité que je n’arrivais pas à assumer, une longue dépression… » Même s’il continue à écrire, ont dit que ses romans suivants, Le dernier des Savage et Glamour attitude n’ont pas le même niveau littéraire que ses deux premiers chefs d’oeuvre. Et puis survint le 11 septembre.
Ce jour-là, de la fenêtre de son appartement du Village, Jay McInerney assiste en direct à l’effondrement des tours. Alors il comprend qu’il ne pouvait revenir à son meilleur niveau qu’en acceptant d’affronter ses démons. Et ceux qui, depuis ce matin de 2001, angoissent l’Amérique. Dans La Belle vie (2007), McInerney retrouve ses personnages de Trente ans et des poussières, la veille du 11 septembre 2001. Avec en toile de fond les attentats, il décrit ce qui se passe lorsque l’onde de choc vient percuter des millions de destins et s’immisce à l’intérieur des couples. Surtout il signe une histoire d’amour au romantisme flamboyant.

Aujourd’hui, apparemment calmé, L’écrivain vit dans le Village avec sa quatrième femme épousée en 2006, l’année de la sortie de The Good life aux Etats-Unis (il s’agit de l’héritière Anne Hearst, sœur de Patty et petite- fille de Randolph Hearst, le magnat des médias qui servit de modèle au Citizen Kane d’Orson Welles). Il a deux enfants, des faux jumeaux, Maisie McInerney et John Barrett McInerney, III.

Les concepteurs de la série Gossip Girl s’apprêtent à adapter pour la deuxième fois Bright Lights, Big City pour la télévision.

Bibliographie (romans)

1984 : Journal d’un oiseau de nuit (Bright Lights, Big City)
1985 : Ransom
1989 : Toute ma vie (Story of My Life)
1992 : Trente ans et des poussières (Brightness Falls)
1997 : Le Dernier des Savage (The Last of the Savages)
1999 : Glamour attitude (Model Behaviour)
2001 : La Fin de tout (How it ended), nouvelles
2006 : A Hedonist in the Cellar, non paru en France
2007 : La Belle vie (The Good Life)
2009 : Moi tout craché, nouvelles (The Last Bachelor)

http://www.jaymcinerney.com

Sources : Wikipédia, l’Express 22/03/2007, Le Figaro 16/10/2009, les Inrokcs