Breakfast at Tiffany’s

J’ai LU Breakfast at Tiffany’s
et j’ai VU Breakfast at Tiffany’s
juste après pour confronter l’œuvre écrite à l’œuvre filmée.

 

 

 

Je savais que le film avec Audrey Hepburn était une sorte de quintessence de la comédie romantique. Une référence, un sommet. Audrey en Givenchy, dans sa robe noire, avec ses lunettes mouches et son chapeau… qui représente l’Elégance avec un grand E.

J’avais entendu dire que le roman (en fait une longue nouvelle) avait peut-être été écrit pour un jeune homme dont Truman Capote aurait été amoureux.Le personnage de la délicieuse, fantasque et ultra féminine Holly Golightly aurait donc été inspiré par un homme ? J’en doute !

Capote souhaitait que son amie Marylin Monroe interprète Holly. « Marilyn Monroe voulait tellement le rôle qu’elle avait répété toute seule deux scènes entières pour me les montrer. Elle était incroyablement bonne. Et puis je me suis fait doubler par la Paramount, qui a engagé Audrey. » avait-il raconté en interview. En fait, Marylin  était très proche de son héroïne de papier, avec sa douce folie, sa fragilité, son charme irrésistible. Je pense que c’est vraiment elle qui a inspiré Holly à Truman Capote.

En résumé, pour moi, la Holly du film – brune, élégante, légère, imprévisible, féminine – capable de tomber amoureuse d’un bel écrivain falot et sans le sou, New-Yorkaise jusqu’au bout des doigts, c’est Audrey Hepburn.
Le film se termine par un happy end. Holly est sauvée par l’amour !

Celle du roman – blonde, myope, facile, fragile, enfantine – sous laquelle perce Lulamae (Norma Jean ?) et son accent du sud, c’est Marylin Monroe. Le livre finit mal. Holly est perdue, définitivement, et même dix ou douze ans plus tard on ne retrouve jamais sa trace.

Le roman commence sur cette disparition jamais cicatrisée, et j’aime la façon dont Truman Capote nous dresse, touche par touche, le portrait de son insaisissable héroïne.

Joe Bell, un patron de bar bourru, « célibataire et sensible de l’estomac » appelle l’auteur. Il a une piste. Malgré la pluie battante, l’auteur saute dans un taxi et se précipite.
Joe Bell lui montre une statue africaine représentant un visage de femme. « Au premier abord cela ressemblait à une sculpture des plus primitives. Mais ce n’était pas le cas. C’était l’effigie toute crachée d’Holly Golightly ».
On apprend que la femme représentée était arrivée dans ce village d’Afrique « tout à fait préhistorique et éloigné de toute civilisation » accompagné de deux hommes blancs malades de fièvre. La femme était en bonne santé. En attendant que ses compagnons guérissent, elle avait partagé la couche du sculpteur, puis était repartie, à cheval avec eux. On comprend qu’Holly est le genre de femme capable de voyager en Afrique avec deux hommes et de coucher tranquillement avec un sculpteur de brousse le temps que ses amis se remettent. Nous sommes en 1956 !

Nous apprenons en deux pages qu’elle est inoubliable pour au moins quatre des personnages masculins du récit : l’auteur, Joe Bell, un ancien voisin, photographe japonais (qui a vu la statue et a offert une fortune pour l’acquérir) et le sculpteur (qui a catégoriquement refusé de s’en séparer).

Ainsi commence Breakfast at Tiffany ou l’histoire d’Holly Golightly, que l’auteur, assailli par les souvenirs entreprend de nous conter, de leur première rencontre quand elle frappe à sa fenêtre en pleine nuit, à leur séparation quelque mois plus tard dans un taxi en route vers l’aéroport avant qu’elle ne s’envole pour Rio. Tout au long de ce récit, il ne sera jamais franchement question d’amour entre eux. A peine soupçonne-t-on une attirance physique mêlée à la fascination qu’elle exerce sur l’auteur, dont on n’apprend jamais ni le nom ni l’identité sexuelle. De là à imaginer qu’il s’agit de Capote lui-même…

C’est là toute la différence avec le film où le personnage de l’écrivain, appelé Paul Varjak (joué par George Peppard), devient un être de chair et de sang, à la sexualité clairement identifiée, puisqu’il est le gigolo d’une riche femme mariée, qu’il couche avec Holly et tombe éperdument amoureux d’elle.

Qu’il s’agisse du roman ou du film, Holly Golightly reste pour moi une des plus merveilleuses héroïnes de la littérature et du cinéma américains. Réalisée par Blake Edwards, le film léger et brillant aborde des thèmes carrément audacieux pour le genre de la comédie romantique et l’époque, comme la prostitution (féminine et masculine), la sexualité, l’abandon ou la dépression, et le monde de la nuit New Yorkaise…

A voir et à lire absolument !

Happy End !

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Sur le même sujet, vous pouvez aussi lire  l’excellent billet de Céline sur son blog « un renard dans une bibliothèque »

Commentaires

  1. luciolerouge dit :

    C’est noté, les deux semblent alléchants.
    Ils font partie des « classiques » de la chick lit’!
    A bientôt… :)

  2. Tonie Behar dit :

    Bonjour luciole!
    merci de ton passage sur mon blog. En effet, les deux oeuvres valent le coup! bonheur de lecture et plaisir cinématographique!
    a très bientôt j’espère

  3. Bookaddictgirl dit :

    C’est très très en retard que je passe sur votre site. J’ai fermé depuis mon blog car je n’avais pas le temps de m’en occuper. Cependant, depuis quelques jours, je suis de retour sur overblog sous le nom … d’Holly Golightly (hollygolightly’schronicles précisément).
    Vous présentez à merveille mon film préféré ainsi que le roman. Contrairement à vous, j’ai d’abord vu le film puis lu le livre. Malgré l’importante différence entre les deux, j’ai tout de même apprécié. Le film nous offre une fin magnifique complètement différente de celle du livre mais peu importe, c’est un film romantique après tout, non ?
    Le personnage d’Holly Golightly ne pouvait pas, pour moi, être joué par quelqu’un d’autre qu’Audrey Hepburn (est-ce le fait qu’il s’agit de mon actrice préféré ? Je l’ignore). La scène mythique où Holly assise sur le rebord de sa fenêtre chante l’inoubliable « Moon River » de Henri Mancini est ma préférée. Je trouve que c’est là qu’Holly Golightly commence à dévoiler une partie d’elle puisque la scène suivante c’est la rencontre entre Doc et Fred ( Paul si vous préférez ) et on en apprend encore plus sur Lula Mae Brown. Bref …
    Cela me fait penser que je viens de commencer Sex and the city de Candace Bushnell et qu’elle fait justement une référence à Breakfast at Tiffany’s, prouvant donc que ce film ( pardonnez-moi mais je préfère vraiment le film) est un mythe et surtout a inspiré quelques auteurs de Chick-Lit ( ou Comédie Romantique ) comme Plum Sykes par exemple.
    Je vais peut être m’arrêter là au risque de partir dans une dissertation.
    A très bientôt

    PS : votre livre est sur ma PAL (pile à lire) et je le lirai prochainement ( après Les contes de Nathaniel Hawthorne ( ma lecture obligatoire pour mes études d’anglais)) et je publierai donc mon avis sur mon nouveau blog.

  4. Sophielit dit :

    J’ai découvert ce film seulement récemment, dans le cadre d’une soirée organisée par le magazine Transfuge. Ce film était présenté par F. Beigbeder (ce serait son préféré de tous les temps). Le film est effectivement très fort… comment, après de telles images, un tel univers, des acteurs aussi inoubliables, oser le livre ? Pour une fois, je m’en tiendrai au film ! :)